Quand Camille Dubois, redactrice senior chez Rencontre Femme Russe, a propose cet entretien, l’idée etait simple : sortir des cliches qui circulent sur les femmes russes et donner la parole a une professionnelle qui les rencontre tous les jours dans son cabinet. Après huit ans a couvrir le monde des couples internationaux pour notre réseau de sites, Camille est habituee aux generalisations rapides et aux promesses faciles. Cet entretien va dans la direction inverse : nuance, profondeur, et respect pour des trajectoires de vie complexes.
Marina Volkova exerce a Paris depuis douze ans comme psychologue clinicienne. Russophone d’origine, francophone d’adoption, anglophone de formation, elle accompagne quasi exclusivement des couples interculturels franco-russes et franco-ukrainiens, ainsi que des femmes slaves installees en France. Cet entretien editorial synthese repose sur la littérature scientifique en psychologie interculturelle et sur des cas anonymises rencontres dans la pratique clinique. Marina Volkova est un personnage editorial : son discours synthetise les enseignements communs aux psychologues spécialisés dans cet accompagnement, sans qu’aucune phrase ne reproduise le propos d’une personne reelle ni ne révélé d’element clinique identifiable.
Marina Volkova
Psychologue clinicienne, Paris — 12 ans d'exercice, spécialisée couples interculturels franco-slaves. Travaille en français, russe et anglais. Recoit en cabinet et en visioconference, principalement des couples franco-russes, franco-ukrainiens et des femmes slaves expatriees en France.
Comment se forge le caractère d’une femme russe aujourd’hui
Camille : Marina, on parle souvent du "caractère russe" comme s'il s'agissait d'un bloc homogene. En quoi l'histoire récente — fin de l'URSS, période post-sovietique, génération actuelle — a-t-elle faconne la mentalité des femmes que vous recevez en cabinet ?
Marina : Il faut bien distinguer trois générations qui n'ont pas vecu le même pays. Les femmes nees avant 1985 ont grandi dans le système sovietique : education collective, valeurs de discipline, une certaine austerite materielle, mais aussi un rapport a la culture — littérature, musique, théâtre — qui faisait partie de l'education populaire. Beaucoup ont une exigence intellectuelle qui surprend leurs partenaires occidentaux.Les femmes nees entre 1985 et 1995 ont vecu l’effondrement de 1991, les années 90 chaotiques, la pauvrete brutale, parfois la disparition d’un parent dans la transition economique. Cette génération a un rapport a l’argent et a la securite très marque par l’instabilite : ce n’est pas du materialisme, c’est une mémoire corporelle de la precarite.
Les femmes nees après 1995 ont grandi dans une Russie connectee, avec internet, les voyages, l’ouverture culturelle. Leur mentalité ressemble bien plus a celle d’une jeune Europeenne de leur age. Quand un homme me dit qu’il a rencontre “une femme russe traditionnelle de 28 ans”, je souris : la réalité est presque toujours plus nuancee.
Au-dela des générations, l’education familiale joue enormement. Une femme élevée a Saint-Petersbourg dans un milieu universitaire n’a pas le même rapport au monde qu’une femme de la province profonde, elle-même très differente d’une femme de Moscou des affaires. Éviter le mot “les femmes russes” est probablement la première etape pour vraiment comprendre celle qu’on a en face de soi.
Les pieges de la communication interculturelle
Camille : Quels sont les malentendus les plus fréquents dans la communication entre un homme français et une femme russe au debut d'une relation ?
Marina : Le premier piege, c'est le rapport au compliment. Un homme français flatte beaucoup, complimente l'apparence facilement, glisse des "tu es magnifique" toutes les heures dans les premiers messages. Pour une femme russe, ce flot peut paraître suspect ou superficiel : dans la culture russe, le compliment est plus rare et donc plus charge. Quand il vient, on l'écoute. Trop de compliments equivaut a aucun compliment.Le deuxieme piege, c’est la question des projets. Les hommes français ont parfois cette tendance a parler beaucoup au conditionnel, “on pourrait faire ceci, peut-être se voir cela”. Pour une femme russe, ce flou est anxiogene et peut être lu comme un manque d’engagement. Elle préfère un “je viens te voir le 15 mars, je réservé mon billet ce soir” a dix “il faudrait qu’on se voie un de ces jours”.
Le troisieme piege concerne la critique. Une femme russe va dire ce qu’elle pense, parfois de manière directe qui peut blesser un homme français habitue a plus de circonvolutions. Elle ne cherché pas a être dure, elle cherché a être claire. Inversement, un homme qui formule une critique en l’enrobant beaucoup peut être percu comme malhonnete : “S’il a quelque chose a dire, qu’il le dise.”
Enfin, l’humour. L’ironie russe est noire, distanciee, parfois pince-sans-rire au point qu’un Français ne sait pas s’il faut rire ou s’inquieter. L’humour français, plus joueur, plus dans le jeu de mots, peut tomber a plat. Apprendre a rire ensemble est un travail qui prend des mois.
Les attentes implicites versus les attentes formulees
Camille : Vous parlez souvent en cabinet du fosse entre ce que les partenaires attendent vraiment et ce qu'ils osent formuler. C'est un sujet specifique aux couples franco-russes ?
Marina : Pas specifique, mais accentue. Dans la culture russe, il existe une idée que "si l'autre m'aime, il doit comprendre ce que j'attends sans que je le formule". C'est un heritage de l'education : la mère comprend les besoins de l'enfant sans qu'il parle, et cette logique se reporte parfois dans le couple. Resultat : la femme attend, elle souffre, et finit par exploser sur quelque chose qui peut paraître derisoire au mari français qui n'avait rien vu venir.L’homme français, lui, fonctionne souvent par defaut : “Si elle ne dit rien, c’est que tout va bien.” Il ne sait pas decoder les signaux de mecontentement silencieux qui sont pourtant très clairs pour quelqu’un élevé dans la culture russe.
Mon travail en consultation, c’est souvent d’aider chacun a verbaliser. La femme russe doit apprendre a dire : “J’ai besoin que tu me proposes une sortie ce week-end” plutot que d’attendre que ca vienne. L’homme français doit apprendre a remarquer les silences, a poser la question : “Quelque chose te tracasse ?” sans avoir peur de la reponse.
Ces couples qui investissent dans la communication finissent par développer une intimite très profonde, parce qu’ils ont du expliciter ce qui, dans des couples monoculturels, reste implicite. Ils se connaissent au final mieux que beaucoup d’autres.

La sexualite, un sujet a aborder avec respect
Camille : Le sujet de la sexualite des femmes russes circule beaucoup, souvent de manière caricaturale ou voyeuriste. Comment l'abordez-vous en consultation, et que pouvez-vous nous dire de factuel ?
Marina : D'abord, il faut nommer ce qu'on entend par "sexualite" : c'est l'ensemble du rapport a l'intimite, au corps, au désir, a la pudeur, a la communication amoureuse. Reduire cette dimension a des stereotypes est insultant et faux.Sur le plan culturel, la sexualite dans la société russe a ete longtemps traitee de manière paradoxale. Officiellement pudique sous le sovietisme, elle est devenue plus visible après 1991 mais reste empreinte d’un certain decalage entre le discours public — souvent conservateur — et les pratiques reelles, qui ne sont pas si differentes de celles des Europeennes du même age.
Dans le couple franco-russe, plusieurs choses peuvent emerger. La question de la pudeur est differente : une femme russe va souvent être plus réservée dans la verbalisation du désir et plus directe dans le passage a l’acte. Elle parle moins de sexualite mais en attend une présence reelle dans le couple. Un homme qui considéré que la sexualite est secondaire dans une relation longue va créer un decalage dont il ne mesure pas l’importance.
La question du désir féminin est aussi en jeu. Les femmes russes que je recois en consultation expriment souvent leur désir d’être desirees, regardees, courtisees dans la duree. La routine sexuelle est vecue comme un signal grave, plus grave que dans d’autres cultures ou la baisse de fréquence est traitee comme normale après quelques années.
Mon conseil aux hommes en couple franco-russe : ne jamais considerer la sexualite comme acquise. Continuer a courtiser, a complimenter, a créer des moments d’intimite. Ce n’est pas une obsession ni une exigence excessive : c’est simplement la manière dont une partie significative des femmes russes investissent leur couple. Pour aller plus loin, notre guide sur comment faire plaisir a une femme russe détaillé des elements concrets, dans la duree.
Le role de la belle-famille et la place des parents
Camille : La belle-famille russe est souvent presentee comme intrusive ou pesante par les hommes occidentaux. Que voyez-vous reellement dans votre cabinet ?
Marina : Le rapport aux parents est un écart culturel reel et sous-estime. Dans la culture russe, la famille reste un noyau central toute la vie. Une femme de 35 ans peut consulter sa mère chaque jour, lui demander son avis sur les decisions importantes, lui rendre visite plusieurs fois par mois. Ce n'est pas de l'immaturite, c'est un modèle relationnel different.L’homme français, qui a souvent pris ses distances avec ses propres parents après 25 ans, percoit cette proximite comme intrusive. Il se sent juge, surveille, parfois remplace dans le role de confident. Cela créé des tensions reelles, surtout quand la mère donne son avis sur l’education des enfants ou sur la gestion du foyer.
De l’autre cote, la femme russe attend du mari qu’il s’intégré dans le clan familial. Les fêtes, les anniversaires, les rituels saisonniers, les visites au village d’origine, tout cela compte. Un mari qui refuse cette intégration est percu comme distant, peu engage dans la duree.
Mon conseil : ne pas chercher a “couper” la femme russe de sa famille — c’est voue a l’échec. Plutot poser des regles claires, ensemble : a quel moment de la journee on accepte les appels, quand on préfère être en couple sans interference, comment on prend les decisions importantes a deux d’abord. Cela demande du tact mais c’est faisable.
Les enfants : projet et transmission
Camille : Quand un couple franco-russe a des enfants, quelles sont les questions qui reviennent le plus souvent en consultation ?
Marina : La première question, c'est la langue. Beaucoup de mères russes installees en France veulent transmettre le russe a leurs enfants, mais se heurtent a la difficulte du quotidien : l'enfant repond en français, l'école pousse vers le français, la mère se sent isolee dans sa pratique. C'est une douleur reelle qui n'est pas toujours comprise par le père français.Mon conseil : tenir bon sur la langue, des le debut. Une heure par jour minimum d’immersion russe, des dessins animes, des livres, des appels videos avec les grands-parents. C’est un cadeau pour l’enfant — bilingue precoce — et une bouee pour la mère.
La deuxieme question, c’est la discipline. L’education russe traditionnelle est plus directive que l’education française actuelle qui valorise la negociation. Les mères russes peuvent être perçues comme dures par leurs maris français, et inversement : les pères français sont parfois vus comme trop laxistes par les mères russes. Trouver un equilibre demande des conversations explicites, sans jugement de valeur.
La troisieme question concerne le rapport a la grand-mère. La babouchka russe joue souvent un role central : elle garde, elle éduqué, elle transmet. Quand elle est loin geographiquement, son absence pese. Beaucoup de couples organisent des sejours longs en Russie ou en Ukraine pour permettre cette transmission. Quand elle vient en France, elle peut s’installer plusieurs mois — ce qui peut créer des tensions si le mari ne s’y est pas prepare. Pour approfondir les différences culturelles, notre article sur les différences entre femmes russes et femmes europeennes donne des exemples concrets.

La spiritualite et l’orthodoxie dans le couple
Camille : La dimension religieuse est-elle importante dans les couples franco-russes que vous suivez ?
Marina : Cela depend enormement des profils. Une partie des femmes russes que je recois est orthodoxe pratiquante, une autre partie a un rapport plus distant — orthodoxie culturelle plus que pratique, comme beaucoup de Français sont catholiques culturels.Pour les pratiquantes, les fêtes orthodoxes structurent l’année : Noel le 7 janvier, Paques selon le calendrier orthodoxe, le careme, les baptemes, les bougies pour les defunts. Un mari français athee ou agnostique peut ne pas mesurer l’importance emotionnelle de ces moments. Être présent, accompagner a l’église même sans partager la foi, respecter les rituels — cela compte enormement.
Le bapteme des enfants est souvent un moment de tension. La mère russe veut faire baptiser dans l’orthodoxie, le père français peut être indifferent ou hostile. Mon conseil : negocier tot, avant la grossesse si possible, pour éviter les conflits dans une période déjà chargee emotionnellement.
Au-dela de la religion, il y a une spiritualite russe diffuse — rapport a la nature, a la littérature, a la musique, a une certaine melancolie creative qu’on appelle parfois “l’ame slave”. Ce n’est pas du folklore, c’est une vraie disposition interieure. La comprendre demande du temps et beaucoup de lectures : Dostoievski, Tolstoi, Tchekhov, mais aussi Tarkovski au cinéma, Tsvetaeva en poesie. Un homme qui s’y interesse marque des points decisifs.
L’adaptation a la France et la depression d’expatriation
Camille : Vous parlez de "depression d'expatriation" pour decrire ce que vivent certaines femmes russes après leur installation en France. De quoi s'agit-il concretement ?
Marina : C'est un syndrome bien documente en psychologie interculturelle, qui ne touche pas seulement les Russes mais qui prend des formes particulières chez elles. Les premiers six mois sont souvent une lune de miel : l'homme est présent, le pays nouveau est excitant, la beaute de Paris ou de la cote d'Azur impressionne.Puis vient la phase de descente, généralement entre le sixieme et le dix-huitieme mois. La femme réalisé qu’elle a perdu son réseau professionnel, sa famille, ses amies, sa langue du quotidien, ses reperes. Elle se retrouve dependante de son mari pour beaucoup de demarches. Elle est souvent isolee chez elle. Elle parle mal français, ne trouve pas de travail a hauteur de ses qualifications, se sent dequalifiee. La depression s’installe, parfois lentement, parfois brutalement.
Les signes : perte d’enthousiasme, fatigue chronique, irritabilite, retrait, parfois pleurs fréquents, perte de poids ou prise de poids, retrait sexuel. Un mari français peut interpreter cela comme un changement de personnalite ou un desamour. C’est presque toujours une depression d’expatriation qui se soigne très bien quand elle est identifiee.
Mon role en consultation est d’aider la femme a reconstruire un projet personnel, professionnel, social en France. Cela passe par des cours de français intensifs, par la création d’un réseau d’amitie russophone, par la recherche d’un travail ou d’une activite qui redonne du sens. Ca prend du temps, parfois deux a trois ans pour une intégration vraiment serene.
Le mari qui veut aider doit comprendre que ce n’est pas un caprice. Il doit faciliter activement : payer des cours de français, encourager les retrouvailles avec la famille en Russie, ne jamais critiquer la culture d’origine, soutenir le projet professionnel même quand il est complique. Le couple qui traverse cette phase ensemble en sort renforce.
La compatibilite : comment savoir avant de s’engager
Camille : Quels sont les critères reels de compatibilite que vous voyez chez les couples franco-russes qui durent vraiment ?
Marina : Quatre critères reviennent systematiquement chez les couples qui tiennent dix, vingt, trente ans.Premier critère : la curiosite réciproque pour la culture de l’autre. Pas l’amour vague de “la Russie”, mais l’envie concrete de lire, d’apprendre la langue, de comprendre l’histoire, de cuisiner des plats, de visiter le pays. Si l’homme refuse la culture russe ou la voit comme un folklore exotique, ca ne tiendra pas. Inversement, si la femme refuse de s’intégrer en France, idem.
Deuxieme critère : la capacité a verbaliser les attentes. Les couples qui parlent ouvertement d’argent, de sexualite, de famille, de projets de vie tiennent. Ceux qui esquivent les conversations difficiles accumulent du ressentiment.
Troisieme critère : un projet commun concret. Un appartement a renover, un enfant a élever, un voyage long a preparer, une entreprise a lancer ensemble. Les couples qui n’ont qu’un quotidien sans projet partage s’effritent.
Quatrieme critère : la présence d’allies dans l’entourage. Une famille française qui accueille la belle-fille russe avec respect, des amis communs qui se voient regulierement, une communauté russophone en France pour la femme. L’isolement tue les couples mixtes.
Pour evaluer la compatibilite avant l’engagement, je recommande au minimum trois voyages dans le pays d’origine sur dix-huit mois, des sejours longs en France pour voir comment elle reagit a la réalité quotidienne, et au moins deux conversations explicites sur l’argent, les enfants, et la religion. Pour aller plus loin, notre article sur comment faire qu’une femme russe tombe amoureuse détaillé les etapes emotionnelles d’une rencontre sérieuse.
Les signaux d’alerte d’un couple en difficulte
Camille : Quels sont les signaux qui doivent alerter un couple franco-russe sur l'état de leur relation ?
Marina : Plusieurs signaux doivent inciter a consulter, idealement avant que la situation ne se cristallise.Le premier signal, c’est la disparition progressive du russe dans le quotidien de la femme. Quand elle ne parle plus a sa famille, ne lit plus en russe, n’écoute plus de musique russe, ce n’est pas une intégration réussie : c’est une perte d’identité. Elle va craquer un jour.
Le deuxieme signal, c’est l’evitement systematique des conversations difficiles. Quand le couple enchaine les “on en parlera plus tard”, les sujets evites s’accumulent. Trois ou quatre années plus tard, la rupture est inevitable.
Le troisieme signal, c’est la deterioration de la sexualite sans dialogue. Pour les femmes russes que je recois, c’est souvent le premier indicateur qu’elles signalent quand quelque chose ne va pas dans le couple. Si elle se retire physiquement et qu’on ne se parle pas, c’est un appel au secours.
Le quatrieme signal, c’est l’isolement social. Si la femme n’a plus d’amies, ne sort plus, passe ses journees seule a la maison, le couple est en danger même si tout semble aller bien en surface.
Le cinquieme signal, c’est le retour fréquent et long en Russie sans le mari. Si elle passe trois mois par an au pays seule, ce n’est pas un signe d’intégration, c’est un signe que quelque chose la pousse a fuir le quotidien français.
Quand un de ces signaux apparait, il est temps de consulter, ensemble ou separement. Plus on attend, plus la reparation est complexe. Les couples qui consultent tot s’en sortent dans 80 % des cas. Ceux qui attendent une crise grave ont des chances bien moindres.
Questions rapides : les idées recues
Camille : Marina, on termine avec quelques idées recues qui circulent beaucoup. Vrai ou faux ?
Marina : Allons-y, mais je vais souvent nuancer plutot que trancher.“Les femmes russes ne s’interessent qu’a l’argent.” — Faux et caricatural. Les femmes russes que je recois cherchent un partenaire stable, certes, mais pas plus que les Françaises de leur age. La mémoire de la pauvrete des années 90 créé une vigilance sur la securite materielle, pas une obsession. Une femme russe qui ne s’interesse vraiment qu’a l’argent va se concentrer sur des oligarques russes ou des hommes occidentaux ages très riches, pas sur un Français lambda.
“Toutes les femmes russes boivent de la vodka.” — Faux. La consommation d’alcool en Russie est principalement masculine et elle a beaucoup recule depuis vingt ans. Les femmes russes que je recois boivent plutot du vin, et beaucoup ne boivent pas du tout pour des raisons de santé ou d’education. Le cliche de la vodka féminine est une projection occidentale.
“Les femmes russes sont soumises.” — Faux et mal compris. Une femme russe peut paraître douce ou en retrait au debut, mais elle a souvent une volonte de fer dans le foyer. Ce sont les mères et les grands-mères qui prennent les decisions importantes dans beaucoup de familles russes. La douceur initiale est souvent un mode de seduction, pas une posture de soumission.
“Les femmes russes sont plus fidèles que les femmes occidentales.” — A nuancer. Statistiquement, les chiffres sont comparables. Ce qui est vrai, c’est que la culture russe valorise très fort la fidélité dans la duree, et que la honte sociale en cas d’infidelite révélée est plus forte qu’en France. Pour aller plus loin sur ce sujet, voir notre article complet sur la fidélité des femmes russes.
“Une femme russe veut absolument quitter la Russie.” — Faux pour la majorite. Beaucoup de femmes russes que je recois sont attachees a leur pays et auraient préfère y rester si la situation politique et economique le permettait. Le projet de mariage avec un occidental est souvent un projet d’amour, pas un projet d’evasion. Celles qui ne cherchent que la fuite se reperent vite : elles changent de partenaire au moindre obstacle.
“Les femmes russes restent jeunes plus longtemps.” — Mythe. Le vieillissement biologique est le même partout. Ce qu’on observe, c’est un investissement plus important dans l’apparence — soin, sport, alimentation, parfois esthetique — qui donne une impression de jeunesse prolongee. Ce n’est pas magique, c’est un travail constant que beaucoup de Françaises font aussi mais avec d’autres normes culturelles.
“Les femmes russes sont plus jolies que la moyenne.” — A nuancer. Statistiquement, la diversite genetique est immense en Russie et les visages sont très varies. Ce qu’on voit dans les sites de rencontre, ce sont des selections : photos avantageuses, soin appuye, codes esthetiques particuliers. La réalité quotidienne est aussi diverse qu’ailleurs.
Conclusion : trois takeaways selon Marina
Camille : Pour conclure cet entretien, quels sont les trois conseils essentiels que vous donneriez a un homme qui s'engage dans une relation avec une femme russe ?
Marina : Premier conseil : **investir dans la culture, pas dans le folklore**. Lire les ecrivains russes, apprendre quelques mots de russe, cuisiner ensemble, comprendre l'histoire du pays. Pas pour briller, mais pour partager un terrain commun. Une femme russe sentira immediatement la différence entre un homme qui s'interesse vraiment et un homme qui collectionne les exotismes.Deuxieme conseil : verbaliser tot et clairement. Ne pas attendre le malaise. Parler argent, sexualite, enfants, religion, parents, des le debut sérieux de la relation. Ces conversations precoces creent une intimite et evitent dix ans de ressentiment.
Troisieme conseil : soutenir activement l’intégration, sans la forcer. Cours de français payes, retours reguliers au pays facilites, recherche d’emploi accompagnee, réseau social russophone encourage. Une femme russe qui se sent soutenue dans son installation reste epanouie. Une femme abandonnee a elle-même, même avec amour, se brise.
Et un bonus : ne pas chercher la femme russe parfaite. Cherchez la femme reelle, avec ses contradictions, son histoire, ses blessures. C’est elle qui construira un couple durable avec vous, pas le fantasme. Pour découvrir des temoignages reels de femmes russes, notre serie de portraits documente ces parcours sans cliches.
Pour les hommes qui souhaitent s’engager dans une demarche sérieuse et accompagnee, plusieurs structures professionnelles existent en Europe francophone. Le site du réseau Meet Russe propose un accompagnement editorial et pratique pour les rencontres franco-russes, et l’agence CQMI offre une demarche structuree de mise en relation avec une equipe binationale francophone-russophone basee a Quebec et Chisinau. Notre guide complet sur le choix d’une agence matrimoniale slave détaillé les critères a verifier avant de s’engager.
Questions fréquentes
Une psychologue spécialisée couple franco-russe est-elle vraiment nécessaire ?
Pas systematiquement. Beaucoup de couples franco-russes vivent harmonieusement sans accompagnement psychologique. La consultation devient utile quand des tensions interculturelles persistent malgre les efforts de communication, quand l’un des partenaires traverse une depression d’expatriation, ou quand des decisions importantes — enfants, deplacement geographique, gestion des belles-familles — creent des blocages. Une psychologue qui maitrise les deux cultures évite des malentendus que d’autres therapeutes pourraient laisser passer.
Combien coute un accompagnement psychologique pour un couple franco-russe en France ?
A Paris, une seance individuelle avec une psychologue spécialisée coute entre 70 et 110 euros en cabinet libre. Une seance de couple est généralement facturee 90 a 130 euros. Certaines mutuelles remboursent partiellement les seances de psychologie. Compter en moyenne 10 a 15 seances pour un travail therapeutique structurant sur les enjeux interculturels.
Quelle est la principale différence entre une femme russe et une femme française dans le couple ?
Il n’y a pas de différence unique mais un faisceau de différences subtiles : un rapport plus direct a la critique, une attente plus forte de courtoisie masculine, un investissement different dans l’apparence, un lien familial plus fort avec les parents, une exigence relationnelle plus marquee dans la duree. Ces différences ne sont pas universelles — elles varient selon l’education, la génération, la region d’origine — mais elles dessinent un cadre culturel different.
Comment savoir si une femme russe veut vraiment me connaître ou cherché juste un visa ?
Quelques indicateurs : elle vous parle de votre vie quotidienne, de vos amis, de vos passions — pas seulement de la France. Elle accepte des relations longues sans pousser au mariage rapide. Elle ne demande pas d’argent, ni pour elle ni pour sa famille. Elle vous fait rencontrer ses propres amis et sa famille. Elle ne change pas brutalement de comportement quand des obstacles administratifs apparaissent. Une demarche sérieuse passe par plusieurs voyages et plusieurs mois avant tout engagement formel.
A partir de quand consulter une psychologue dans un couple franco-russe ?
Trois moments cles : pendant la phase de planification du mariage ou de l’installation en France, pour anticiper les difficultes et formuler les attentes. Entre le sixieme et le dix-huitieme mois après l’installation, période statistiquement la plus risquee pour la depression d’expatriation. Et a tout moment ou la communication se bloque sur un sujet recurrent — argent, sexualite, belle-famille, enfants — sans qu’aucun dialogue ne permette d’avancer.